Un peu d’histoire – L’Echo de Bourgbarré

Certains d’entre vous ont peut-être eu l’occasion d’enrichir les données du recensement des citoyens de Bourgbarré. Si depuis 1946 le calcul de la population s’organise conjointement
avec l’I.N.S.E.E., les maires de commune le font depuis bien plus longtemps. Dès lors nous savons le nombre d’habitants de Bourgbarré passant de 871 âmes en 1798 à plus de 4500 aujourd’hui.

Après une première période de croissance stable (30% en 50 ans) nous avons subi, comme beaucoup de petits villages Français, l’exode rural qui marquera Bourgbarré d’une baisse de sa population pendant un siècle environ.

Cependant, qu’il soit en hausse ou en baisse, le mouvement de population de l’époque était beaucoup moins rapide qu’aujourd’hui. Le remembrement de 1965 va tout changer. L’amélioration des conditions de vie, l’évolution des technologies amèneront avec eux un changement constant des besoins d’une population grandissante. C’est ainsi que les
premières communautés de communes s’organiseront pour y subvenir jusqu’aux années 2000. Bourgbarré adhère à Rennes métropole en 2004, ce qui suscitera une nouvelle vague d’intérêt pour notre commune.

Les besoins en aménagement de voirie, en logement, écoles ou autres services se prévoient aujourd’hui sur la base des prévisions calculées par l’I.N.S.E.E.. Ils s’affinent avec les concertations et comités de travail des habitants et des élus et se définissent dans le P.L.U.I. de la métropole revu régulièrement (cf dossier urbanisme).

Le recensement est l’outil indispensable aux municipalités pour imaginer le devenir des communes dans plusieurs décennies.

Les cafés de Bourgbarré, des lieux de vie

 Autrefois, le nombre de cafetiers était impressionnant : quatorze à Bourgbarré nous dit-on ! Voici quelques noms de cafetiers : Joseph Rabadeux, Aristide Dorel, Rosalie Deshayes, Louis Mainguené, Célestin Rabadeux, Jean Peltier, Pierre Judéaux, Joseph Panaget…

Avant la Deuxième Guerre mondiale, il en existait sept, tenus par Alfred Samson, Marcel Rabadeux, Léandre Travers, Albert Belhomme, Constant Fourché, André Judéaux et François Chevy à Launay-Garnier.

Jadis, une énorme touffe de gui suspendue au-dessus de la porte remplaçait l’enseigne indicatrice d’aujourd’hui. Souvent, un cheval attaché à une boucle fixée dans le mur indiquait qu’un client se désaltérait et qu’il faisait là sa pause habituelle avant de se diriger vers l’auberge suivante. Pour le métier de cafetier, le chômage n’existait pas ! Ils étaient ouverts sept jours sur sept sans interruption,

très tôt le matin et souvent tard le soir. La partie de cartes ou de palets se faisait en général dans la salle, et c’était souvent très animé ! La principale boisson était le cidre servi à la bolée.

Autrefois, les enterrements et les offices religieux avaient lieu le matin. A midi, la famille du défunt offrait un repas aux porteurs de corps et de croix dans un café du pays. Le repas se terminait parfois par la partie de palets l’après-midi.

Le dimanche matin ou encore la veille des fêtes religieuses, on venait aussi au café pour se faire coiffer, et il pouvait arriver que le fermier du coin remplace le coiffeur…

Source : livre «Bourgbarré, une histoire partagée»

Le site de Beauvais à Bourgbarré renferme des vestiges de sites datant de l’époque préromaine et gallo-romaine. En outre, Beauvais abrite les traces d’un ancien agencement de clôtures encastrées avec des fossés rectilignes le long d’une petite vallée, pouvant remonter à l’époque précédant la domination romaine ou à la période gallo-romaine.

On relève en 1400 la présence de la châtellenie de Beauvais qui avait un droit de motte et de haute justice. Il était aux de la Bouëxière en 1427 et 1584, aux Berland seigneurs de la Guitonnière en 1604, passa par alliance en 1684 aux Thibault seigneurs de la Carte, et fut vendu en 1708 aux Robert seigneurs de la Bellangeraie ; retiré en 1712 par Charles du Chastelier époux de Jacquemine de Vaucouleurs, il fut vendu en 1718 aux Denyau seigneurs de Chantelou, et passa par alliance aux de Lantivy, qui le vendirent en 1756 aux Picquet seigneurs de Melesse ; ceux-ci le possédaient encore en 1789.

Au 17e siècle le site était occupé par le manoir de Beauvais. Des douves, une chapelle aujourd’hui en ruines et des restes de murs de clôture font partie du site. Le corps de logis et la grange sont des bâtiments du 17e siècle remaniés au début du 20e siècle, c’est également à cette dernière époque que fut construite l’étable-écurie. D’après l’historien Paul Banéat, au 17e siècle, le manoir se composait ainsi : un chapiteau surmonté d’un pigeonnier, des chambres hautes, une tourelle, des grilles pendantes aux fenêtres, une cour avec deux potaux de pierre aux deux bouts et petit portail à côté, une chapelle et une remise de carrosse dans la cour et derrière la maison un jardin seigneurial clos de douves et de murs, avec une ancienne tourelle à son coin nord-est.

La ferme située près du moulin de Beauvais est une construction du 19e siècle. Les dépendances qui regroupent étables, grange et porcherie sont construites en moellon de schiste et en terre.

La ferme du Veau Noir dépendait aussi de la seigneurie de Beauvais. Cette grande ferme de 35 hectares fut construite au 18e siècle et agrandie au 19e siècle.

Le grand étang de Beauvais couvre environ 7 à 8 hectares, suivant son niveau, étant donné que sa partie sud-est est marécageuse. Il est bordé de saules et de gros chênes. A peine au milieu de sa longueur est percé un canal qui alimentait le moulin. A l’autre bout de la levée, une vanne manuelle permet de réguler le trop-plein formant le ruisseau en aval Le moulin présente des éléments du 17e siècle, mais sa construction semble remonter au 19e siècle. La roue à aubes, construite en bois, a disparu Dans le passé, le petit étang de Beauvais avait lui aussi son moulin. Les moulins de Beauvais devaient avoir une certaine importance, l’ancien cadastre faisant apparaître quatre chemins les reliant au départ de Bourgbarré et d’Orgères.

Un peu d’histoire revient sur 2 métiers qui étaient courants à Bourgbarré au XXe siècle.

LA VANNERIE

L’art des objets tressés relève d’un système complexe de savoirs transmis depuis des milliers d’années. À Rochechaude, André Odye, agriculteur, était le dernier vannier de sa génération
sur Bourgbarré. Pour se divertir, lors des soirées d’hiver, et comme son père avant lui, il fabriquait ses paniers. Il n’avait de limite que dans l’imagination de ses créateurs.
Si cet art a perdu un peu de notoriété ces dernières années au profit d’autres matériaux, les nouveaux designs semblent le faire revenir dans l’air du temps. Toute une culture se réveille
alors, écologique et durable : l’osier se transforme en lustres grâce aux Led, mais aussi en fauteuils ou en tables.

LE CHARRON

Ce métier consistait essentiellement au travail du bois, pour les agriculteurs et pour les particuliers. Les charrettes, les tombereaux, les brouettes, les camions, les bancs et les boîtes à laver, les hottes pour le transport des cochons, les échelles, les fûts et les barriques pour
le cidre, les cuves, les seaux nommés « rangeots »… faisaient partie de sa fabrication.

“Vers 1948 – Une charrette fabriquée par Constant Fourché et son fils Julien”

Le 18 juin 1940, au lendemain du bombardement de la gare de Rennes, les allemands ont garé leur side-car sur l’actuel parking de Panaget devant les yeux ébahis des habitants de Bourgbarré qui avaient bien du mal à comprendre la situation. Dès lors, ils furent les maîtres, et pendant 4ans, ils siégèrent au 37 rue de l’ancienne Mairie arborant fièrement leur sinistre emblème de la croix gammée sur toutes les façades des bâtiments publics du village.
La guerre pesait déjà à Bourgbarré. Les ouvriers manquaient et les meilleurs chevaux avaient été réquisitionnés par l’armée. Seules les grandes fermes, motorisées, pouvaient bénéficier de la main d’œuvre de prisonniers Français et assurer ainsi la vie au village. Mais les Allemands, manquant de tout également, expatrièrent les prisonniers en Allemagne, pillèrent vivres, carburant, et marchandises de toute sorte. Les préfectures établirent un système de ticket de rationnement dont les proportions variaient suivant la catégorie d’individu, enfant, adulte, ou travailleur de force. Mais la pénurie générale a surtout vu naître une résistance passive et un marché parallèle où troc et système D  faisait loi.
Et si quelques rebelles ont tenté d’endommager les lignes téléphoniques aux abords de Bourgbarré la révolte s’arrêta là. Bien que n’étant pas en totale insécurité, les habitants vivaient sous le joug d’allemands qui devenaient de plus en plus menaçants au fil de l’occupation. En effet Bourgbarré était en zone de guerre. Le black-out total était imposé car aucune lumière ne devait nuire à la surveillance Allemande. Les vitres, portes fenêtres, phares d’auto et même de vélo étaient peints. Le quotidien était de se mettre à l’abri au retentissement de la sirène car la proximité de Rennes et du camp d’aviation de St Jacque de la Lande était souvent le théâtre d’affrontement aérien. Les chutes d’éclats d’obus et autres matériaux, les tirs manqués étaient le réel danger.
Entre Juin 1940 et le 1er Août 1944, Rennes à subit 13 bombardements, Cinq soldats Bourgbarréens ont péri : Albert Lefaix, Joseph Leray, Emile Peltier, Jean Péan, Alfred Samson. Comme tous les ans, le 8 mai, aura lieu la commémoration de la fin de la guerre pour qu’on n’oublie jamais la fragilité de notre liberté.

Mesneuf

Mesneuf constitue l’un des ensembles les plus anciens de Bourgbarré et les mieux conservés. Des prospections aériennes ont montré l’existence de sites pré-romains ou gallo-romains, il s’agit de deux enclos associés. Mesneuf se compose de l’ancien manoir et de ses dépendances, de sa chapelle, d’une croix, du moulin et de la métairie de la Porte. En-dessous du déversoir du moulin, s’étendait l’étang à usage de vivier à poissons et de pêcherie. Le tout permettait une vie en autarcie, en cas de trouble ou de conflit.

Le manoir
Le manoir de Mesneuf, construit vers le 14ème siècle, est le type même du grand manoir médiéval à vocation agricole : une enceinte rectangulaire entourée de douves larges et profondes, alimentées par la rivière de l’Ise, une poterne d’entrée avec pont-levis et trois tourelles dans un colombier. Le grand jardin s’étend vers l’est et rejoint la chapelle. La boulangerie au nord-est, est d’une taille assez remarquable. Un puits intérieur alimente l’ensemble. Le petit jardin se trouve au sud, entouré de douves profondes. Depuis le 14ème siècle, il est remanié et agrandi à plusieurs reprises jusqu’au 18ème siècle et en partie mutilé au 19ème siècle. Le seigneur des lieux bénéficiait du droit de haute justice, pêcherie, vivier et possédait moulin à eau, fournil et pressoir.

La ferme
À l’époque seigneuriale, la métairie de la Porte était le passage obligé pour accéder au manoir de Mesneuf. Devenue l’une des plus grandes fermes de Bourgbarré, elle fut agrandie en 1935 par l’ajout d’une maison d’habitation plus moderne. L’alignement principal est la partie la plus ancienne de la ferme. En 1593, un incendie se déclara. La partie centrale, qui possède deux contreforts en façade, est la seule partie ayant résisté au feu. L’écurie située au sud est une construction du début du 20ème siècle.

La chapelle
Mesneuf appartient, de la fin du 15ème siècle au milieu du 18ème siècle, à la famille du Bouays qui choisit l’Église réformée de Bretagne. La chapelle n’est rendue au culte catholique qu’en 1703.

Le moulin
Le moulin dépendait du manoir de Mesneuf et fonctionnait grâce à la rivière de l’Ise, qui a été en partie canalisée pour faire fonctionner la roue. Il est sans doute plus récent que le
manoir, cependant une partie a été détruite et dans sa forme actuelle, il date du 19ème siècle.

Le pont
Le pont de Mesneuf fut construit en 1933 en bois, il n’était pas robuste et son tonnage fut limité pendant plusieurs années. Il fut reconstruit selon les nouvelles normes en 1969 et est
alors équipé d’un vannage manuel qui permet un niveau maximum de la rivière et la vidange si besoin. Une petite vanne réglait le débit d’un couloir, qui par le passé servait à alimenter la turbine du moulin attenant.

La croix monumentale
Le fût de cette croix a disparu. La croix est datée de 1622 avec une inscription IHS MA. Cette sculpture était une relique précieuse confiée en 1940 par des religieuses belges, pour la mettre en sécurité.

L’agriculture des années 50 à aujourd’hui

Dans les années 50, il n’y avait pas encore de mécanisation dans les fermes : la traite était faite à la main, trois à quatre chevaux étaient nécessaires pour une exploitation de 20 à 30 hectares aussi bien pour les travaux que pour le déplacement des personnes. La Vayrie, la plus grande exploitation de Bourgbarré à cette époque en avait six. Les fermes étaient beaucoup plus petites qu’aujourd’hui mais il fallait du personnel pour les gérer : un charretier, un commis de bras, parfois une « bonne ». Au gré des saisons, les voisins ou d’autres gens venaient aider à la journée pour sarcler les betteraves, rentrer le foin, battre le blé, ramasser les pommes… Tout ce petit monde était indispensable, il y avait beaucoup d’entraide et de convivialité. Dans les années 60, l’arrivée de l’usine Citroën et le développement de l’usine Panaget a bousculé le monde du travail. Les plus ou moins jeunes ont déserté les campagnes, parfois en quittant l’exploitation familiale qui était trop petite, pour un meilleur salaire. Entre 1962 et 1995, le nombre d’exploitations agricoles à Bourgbarré est passé de 130 à 30. En 1967, le remembrement a permis d’agrandir, de recentraliser les parcelles et de créer les liaisons avec les villes et villages (7 fours, Orgères, Saint-Erblon…). La mécanisation se développe et améliore les conditions de travail. Dans les années 70, des maraîchers se sont installés au lieu dit Monceau, la Croix de Fayelle et Château Logé. À la Vayrie, fût créé une pépinière qui employait près de 30 personnes.
Dans les années 80-90, beaucoup de jeunes se sont installés. La production de lait était majoritaire mais il y avait aussi de la volaille, du porc et même du tabac ! Dans les années 2000, petit à petit les exploitations se sont regroupées et nous n’en comptons aujourd’hui plus que 13 sur notre commune.

L’étang 

La zone humide de l’Est de Bourgbarré n’était pas exploitée à cause de ses inondations hivernales par le débordement de l’Ise. Ce n’est qu’en 1977 que le groupe « Union des intérêts communaux » a évoqué ce projet pour la première fois. Leur idée était de faire un barrage en aval de l’Ise pour créer naturellement un plan d’eau, mais aucune étude n’a été réalisée.

En 1994, le projet a refait surface avec la vente du corps de ferme de la Vayrie. Après plusieurs belles idées comme un lotissement de grand standing, un golf ou l’accueil d’un
parc ornithologique, c’est l’un des plus beaux centres équestres d’Ille-et-Vilaine, ainsi que l’étang que nous connaissons tous qui seront construits. Une concertation étroite des élus, riverains, centre équestre pour l’espace de vie, et de la fédération de pêche et de pisciculture pour l’alevinage a permis de lancer le projet. Puis c’est sous le coup de crayon de Laurent Couasnon, architecte paysagiste Bourgbarréen, passionné d’écologie et avant-gardiste sur ce sujet, que les premières esquisses du plan d’eau prennent vie.

Son objectif était de créer un lieu respectueux du fragile équilibre entre biodiversité et esthétisme pour accueillir les fêtes communales, comme les instants de repos de tous les Bourgbarréens. Pari gagné ! Bientôt 30 ans que se mêlent pêcheurs, joggeurs, enfants, cavaliers et promeneurs et qu’on y célèbre chaque année la fête de l’étang. Aujourd’hui, le rafraichissement des sentiers est un sujet d’actualité, un comité consultatif étudie les améliorations futures. Un petit joyau avait même été imaginé : au sud-est de l’étang, un jardin de collection de nymphéas. Peut-être verra-t-il le jour dans quelques années…

Une génération silencieuse

Si au cours d’une vie, chaque génération connait son lot de modernisation, aucune n’a jamais fait face à autant d’évolutions.

Après la Seconde Guerre mondiale, en pleine reconstruction, la France a un seul impératif,
accroître les rendements agricoles pour nourrir les nombreux enfants du babyboom. À Bourgbarré nous sommes passés de 864 en 1946 à plus de 4 000 habitants aujourd’hui. Au début des années 1950, chaque membre de la famille travaille dans la même exploitation. La popularisation des machines agricoles et surtout le remembrement national vont révolutionner cette cellule ayant pour conséquence un moindre besoin en main-d’oeuvre. Les enfants et les domestiques partent à la recherche d’emplois plus sécurisants. En 1960, l’arrivée de l’usine Citroën à Chartres-de-Bretagne attirera les populations agricoles qui délaisseront les fermes de Bourgbarré (de 130 on passera à 12 fermes en 2004). Ces années « Fifties », symbole de renaissance et de progrès dans la mémoire populaire, ont été porteuses d’espoir et ont laissé une empreinte bien souvent idéalisée sur la société. Les évolutions technologiques et la mondialisation, ont conduit à des changements de paradigmes sans précédents et mis le confort de vie au centre des préoccupations bouleversant les moeurs et les relations de voisinage dans nos villages. À l’échelle mondiale, les relations sont elles aussi complètement bouleversées. « Ceux qui ont eu 20 ans en 1954, ont grandi sous l’occupation allemande, ont connu la guerre froide (≈ 1945/1991), la guerre d’Indochine (1946/1954) où chacun verra partir un frère, un père avant que ce soit leur tour avec la guerre d’Algérie (1954/1962) ». Ils sont les témoins d’une époque que nos esprits modernes ont du mal à imaginer.

Le réfrigérateur, le chauffage, les toilettes, le téléphone ont pris progressivement leur place dans les maisons alors que tous ces attributs paraissent si banal aujourd’hui. Et avec  l’arrivée des nouvelles technologies d’information et de communication, nos aînés s’adaptent une fois de plus à ce bouleversement des coutumes. Ils apprennent à envoyer des textos sur leur smartphone, à se servir d’un ordinateur et d’Internet pour réaliser leurs formalités administratives et sont en contact avec leurs petits-enfants sur Facebook. Aujourd’hui, les conséquences de ce modernisme font l’actualité et nous aspirons à un retour aux sources. Alors entendons nos ainés car comprendre d’où l’on vient c’est savoir où l’on va. 1962, fin de la guerre d’Algérie il y a 60 ans tout rond est l’occasion pour l’association des anciens combattants de raconter leur histoire.

Quelques dates pour Bourgbarré
1956 L’électricité
1963 Les poêles à mazout à l’école
1964 L’adduction de l’eau pour 420 habitants sur 819
1967-1968 Le remembrement
1971 L’assainissement
1972 Le chauffage central

La galerie souterraine de Briant 

Certes, on ne la voit pas, et cependant elle existe bien et traverse une partie de notre commune. C’est vers 1782 qu’a été creusé, à la pelle et à la pioche, ce souterrain de plusieurs centaines de mètres au moulin de Briant pour capter l’eau de la rivière de l’Ise. C’est le début d’un canal d’environ 18 km, qui capte au passage l’eau des étangs de Beauvais, en vue d’alimenter une réserve de 130 hectares au village de Teslé en Pont-Péan. La raison de ces travaux importants est due aux besoins énormes en eau de la mine de plomb argentière exploitée à Pont-Péan, qui elle-même fut inondée. Aujourd’hui cela peut paraître paradoxal, mais l’eau canalisée était la seule énergie capable d’entraîner au moyen de roues à eau d’énormes pompes pour vider la mine. Il y a quelques années, dans le bois de Briant, on pouvait pénétrer dans la galerie et parcourir 20 à 25 mètres, mais un éboulement interdisait la suite de la visite. Aujourd’hui, bien qu’elle soit toujours là, on ne peut en voir l’entrée ; sans doute par mesure de sécurité, une cabane en bois implantée en face l’interdit.

La mairie 

En 1996, la commune connait depuis quelques temps un fort développement. La mairie,
située sur la route de Chanteloup, devient alors un peu trop étroite. Le maire de l’époque, Jean Belhomme, décide de lancer deux travaux d’importance, avec son adjoint aux travaux (alors, Didier Nouyou) : l’agrandissement de la mairie et la rénovation pour les associations d’une maison en centre-bourg, dite « maison Frein ». Il apparait que l’agrandissement de la mairie aurait entrainé des travaux imprévus (réaménagement complet d’un étage, installation d’un ascenseur) et que positionner une mairie dans le centre-bourg pourrait le redynamiser et créer un lien de proximité avec les commerçants. Il est donc décidé que la nouvelle mairie irait dans la « maison Frein » et les associations, dans l’ancienne mairie. C’est alors le début des travaux. La « maison Frein » est en fait constituée de deux parties non attenantes : l’habitation et une grange, toutes les deux en mauvais état. La partie logement étant construite presqu’au niveau du sol, il a fallu mettre les fondations hors gel, c’est-à-dire remettre du béton par en-dessous assez profondément pour stabiliser l’ensemble. Les planchers ont été remplacés par des dalles en béton, pour solidifier et relier les murs entre eux. Sur la partie nord, au-dessus de la cave, des piliers en béton ont été coulés pour supporter la dalle du rez-de-chaussée et celle de l’étage. Beaucoup d’enduit recouvrait les murs et les pierres : le retirer a permis de découvrir pierres, niches et même des encadrements de porte ! À l’extérieur de la mairie, côté venelle, il était visible qu’une porte avait été bouchée. Elle a donc été réouverte et transformée en fenêtre. L’espace libre
entre les deux parties a été aménagé afin que l’ensemble ne fasse qu’un. C’est dans cette « liaison » que se trouve l’accueil actuel. Puis, la grange a été entièrement rénovée. Les soubassements bois de la salle du Conseil municipal se sont révélés nécessaires à cause de l’humidité qui remontait dans les murs malgré les drains mis en place. Une ventilation naturelle se fait donc derrière, d’où les discrets passages d’air en bas et en haut de ces panneaux. Aucun revêtement n’aurait pu résister dans le temps. Une extension a également été faite pour ajouter deux bureaux, des toilettes et un local technique. D’une manière générale, les grandes ouvertures dans les murs ont toutes été conservées pour garder l’esprit « portes de grange » existant dans la salle du Conseil. L’ancienne mairie possédait un coffre-fort, pour protéger les documents officiels. D’un poids de plus d’une tonne et demie, il était difficile à manipuler, que ce soit pour le sortir de la mairie ou pour le charger sur un camion. Lors de l’emménagement dans la nouvelle mairie, les services techniques, avec Patrick Métayer à la manoeuvre, ont choisi de le déménager à la main. Avec des barres de fer, ils l’ont un peu soulevé sur un côté et ont glissé un transpalette en dessous. Cet étonnant équipage, pour ne pas dire attelage, a traversé une partie du bourg sous un beau soleil… La nouvelle mairie a été inaugurée en septembre 2000.

Les Sept fours

Les Sept Fours est l’un des huit villages de Bourgbarré, situé à 5 km du centre-bourg.

C’est en 1968 qu’une route vient enfin relier les villages au centre-bourg. Avant cela, un chemin creux, souvent boueux car emprunté par les bovins, permettait de se rendre aux commerces Bourgbarréens. Les habitants devaient passer par Chanteloup pour aller à Bourgbarré et il était alors plus pratique pour les enfants d’aller à l’école de Chanteloup. D’après les habitants, le nom du village remonterait au Moyen-Âge. À l’époque, les fours étaient la propriété du seigneur. Celui de Bourgbarré aurait été conciliant et aurait accepté que les habitants construisent le leur. Ces derniers en auraient tiré une telle fierté qu’ils baptisèrent ainsi leur village… Le train TIV (Transport d’Ille-et-Vilaine) s’arrêtait à la gare de Chanteloup et permettaient aux fermes des Sept Fours d’acheminer les marchandises. « Dans les années 1950, toute la voie a été démontée, puis comblée à la main », se souvient Fernand Gendron, à l’époque petit gardien de vaches de 8 ans. Le grand-père de Fernand a même vu les derniers loups de Bourgbarré. C’était il y a plus de 150 ans… Aujourd’hui, 4 des 7 fours sont encore en état de marche, 3 fonctionnent régulièrement, à l’occasion de fêtes. En septembre dernier, c’est pour la fête du patrimoine qu’ils ont tous été rallumés… Ils ont fait la joie de tous ceux qui ont pu déguster le repas cuit dans les fours et même repartir avec du pain tout chaud !

La fête, au temps des comices

Les comices agricoles ont été créés en 1815 à Plesder par Louis de Lorgeril, pour faire
connaître de nouvelles techniques auprès du monde paysan. C’était également l’occasion de remettre des prix, pour la maîtrise d’une technique (ex : labourage en tracteur) ou pour la qualité des animaux d’élevage. Ces fêtes étaient organisées à l’échelle du canton et regroupait les acteurs des communes : agriculteurs, habitants et membres des conseils municipaux.

SOUVENIRS DE KERMESSES
Dans notre jeunesse, il n’y avait pas beaucoup de fêtes sur la commune hormis des kermesses, toujours très bien organisées d’ailleurs, avec de nombreuses animations très réputées dans le département. Elles avaient lieu fin juin et s’articulaient autour d’une messe en plein air. Vers 12h/12h30, un apéritif était servi. Il y avait toujours un concert en accompagnement, ensuite un repas sous chapiteaux et les spectacles pouvaient commencer :
• l’homme qui tire une voiture avec les dents
• un funambule
• un rodéo de voitures
• des jeux de chamboul’tout et de fléchettes
• la fameuse course cycliste de la commune
• et même un défilé de chars que chaque quartier
décorait !

DE LA CRÉATIVITÉ
Dans les années 1970, il y avait de nombreuses fermes dans le village. Après les animations, les gens allaient traire leurs vaches, puis revenaient en soirée pour voir le spectacle. Un jour pourtant, personne ne revenait ! Pour les attirer, Marcel, l’un des organisateurs, a eu l’idée de se déguiser en militaire et de prendre une vache dans le champ pour « rejouer » La vache et le prisonnier (célèbre film de 1959)… Voilà Fernandel et Marguerite, qui déambulent à Bourgbarré ! Les habitant emboîtent le pas à cet étrange duo, jusqu’à la salle où la billetterie était installée…

Histoire et étymologie de Bourgbarré

Bourgbarré vient du latin «burgus» (château fort) et du gaulois «barro» (sommet). On rencontre les appellations suivantes : Burgus Barré (en 1240), ecclesia de Burgo Barrato (en 1516), de Burgo Baratro (en 1606). Bourgbarré est une paroisse très ancienne, puisqu’il est fait mention de son recteur en 1178 Paroisse dès le XIIe siècle, située à l’intersection des routes d’Orgères et de Saint-Herblon, Bourgbarré s’est vraisemblablement constituée autour d’une motte féodale défendant la ligne frontière entre Francs et Bretons.

Tout au long du Moyen Âge, le bourg de Bourgbarré prend naissance et se développe au pied du château et de la motte féodale, située au lieu-dit « Les Mottes de la Créole, proche le bourg, où était autrefois l’ancien château de Bourgbarré ». La paroisse de Bourgbarré dépendait autrefois de l’ancien évêché de Rennes.
Les seigneurs de Bourgbarré construisent le manoir de la Vayrie ; le comte Gabriel Ier de Montgommery, qui y demeurait, a été décapité sous l’autorité de Catherine de Médicis le 26 juin 1574. Il est célèbre pour avoir mortellement blessé à l’oeil le roi de France Henry II
lors d’un tournoi. Au nord de la commune, le manoir de Mesneuf (daté du XVIè) est avec le presbytère un des derniers témoins de la richesse à cette époque. Il était qualifié de châtellenie, avec un droit de haute justice. La seigneurie de Bourgbarré était possédée au commencement du XVè siècle par la famille de la Bouëxière, qui tirait son origine de la terre de la Bouëxière en Balazé et qui portait pour armes : un léopard à la bordure engrêlée. Dès cette époque les deux manoirs de la Vayrie et de Beauvais en Bourgbarré appartenaient
aux La Bouëxière.

En 1427, Guy de la Bouëxière, seigneur dudit lieu en Balazé, possédait la Vayrie et son fils Robert tenait Beauvais. Le 7 octobre 1435 mourut Guy de la Bouëxière, seigneur de Bourgbarré. Son fils aîné, Robert de la Bouëxière, fournit à cette occasion au duc de Bretagne un minu de la seigneurie de Bourgbarré (archives de Loire-Inférieure). Ce dernier seigneur avait épousé Renée du Gué, fille du seigneur du Gué de Servon, et la laissa veuve le 14 juillet 1450, mais elle mourut elle-même le 9 mai 1453, et Jean de la Bouëxière, leur fils mineur, fut placé sous la tutelle de son oncle, Guyon de la Bouëxière, seigneur de Beauvais. Ce jeune homme épousa plus tard Marguerite de Saint-Amadour, fille du seigneur de Tizé. En 1481, il figure parmi les seigneurs bretons pensionnés par le duc François II et il vivait encore en 1503, mais eut pour héritier son petit-fils, Nicolas de la Bouëxière, fils de Pierre de la Bouëxière. Peu de temps après, la seigneurie de Bourgbarré fut portée par Claude de la Bouëxière à son mari, Jacques de Montgommery, seigneur de Lorges, qui, devenu veuf, en rendit aveu en 1538, au nom de ses enfants mineurs, héritiers de
leur mère… infobretagne.com

L’école à Bourgbarré

Une lettre émanant de l’inspection de l’académie de Rennes en date de 29 octobre 1857 expose que « l’école de Bourgbarré contient les deux sexes et que le nombre d’enfants qui la fréquentent est trop considérable pour les dimensions de la classe. La santé des élèves ainsi que celle de l’instituteur souffrent de cette situation qui doit cesser. » En septembre 1858, c’est décidé, une école des filles ouvrira et sera tenue par une institutrice laïque.

Le 20 septembre 1874, une délibération nous apprend que le sieur Gouzet, propriétaire de l’école des filles, déclare vouloir faire cesser la jouissance de cet immeuble au 14 rue de l’Ancienne Mairie qui offre les plus grands inconvénients, tant par sa situation entre deux auberges que pour son insuffisance pour le logement de l’institutrice et des enfants, et que le sieur Gouzet propose de louer à la commune une autre maison au lieu-dit la Vigne près
du bourg». La délibération est approuvée par le Préfet d’Ille-et-Vilaine le 30 septembre 1874.

• En juin 1884, la municipalité décide la construction d’une école double. C’est donc en 1885, rue de l’Ancienne- Mairie, qu’un grand bâtiment à étage est construit, flanqué au sud par l’école des garçons et au nord par celle des filles. Chacune comporte une grande salle de classe et sa cour de récréation. Les racines des grands acacias bordant la cour des garçons traverseront même le plancher de la classe ! Un préau couvert en ardoise, commun aux deux écoles, est séparé en son milieu par un mur. Plus récemment, ce préau a été transféré à l’espace Émile Bridel. Chaque classe était chauffée par un poêle à bois l’hiver. Longtemps, il n’y a pas eu de cantine. Les écoliers qui habitaient trop loin, apportaient leur
déjeuner.

• La première école privée était située au 1, rue d’Orgères, ouverte en 1937. Cette école fut d’abord prise en charge par les religieuses de la congrégation du Calvaire. À cette époque, l’école accueillait uniquement les filles. Le «champ aux oies», à proximité de la butte des Mottes, leur servait de jardin.

• Après le décès de la Mère supérieure en 1944, la direction de l’école est assurée par la communauté de Kermaria. Après plusieurs années de refus de l’accueil des garçons, en 1963, les premiers garçons sont autorisés à l’école, à titre exceptionnel.

• Il faudra attendre 1967 pour officialiser l’école mixte.

• En 1974, les deux écoles deviennent une école mixte à trois classes, en 1978 le nombre d’inscriptions impose la mise en place de deux classes mobiles doubles.

• Depuis 1975, l’enseignement est assuré par du personnel laïc.

• En 1978, une école maternelle est construite.

• C’est en 1983 que le Conseil municipal décide la construction d’un groupe scolaire moderne. La salle Lamballais tire son nom de Jean Lamballais, ancien directeur de l’école des garçons de 1933 à 1949.

• Le lundi 9 septembre 1985, les écoliers de Bourgbarré prennent possession de leur nouveau groupe scolaire, rapidement, la municipalité est amenée à construire une septième classe, qui ouvrira en septembre 1988. Un siècle exactement sépare la première école publique de la réalisation du groupe scolaire primaire public.

• Ce n’est qu’en 1998 que l’école s’installe rue du Meslier avec quatre classes.

Un devoir de mémoire

À l’approche de la commémoration du 11 novembre, armistice de la guerre 14-18, encore appelée « Grande guerre », nous avons souhaité mettre à l’honneur des témoignages, extraits du livre de Bourgbarré, ainsi qu’une présentation de l’association ACPG-CATM et citoyen(ne)s de la Paix.

La première guerre mondiale constitue une terrible épreuve pour la France par l’ampleur des pertes humaines qu’elle engendre. Avec l’aide des alliés, la France finira par l’emporter, mais à quel prix ! Les générations nées entre 1871 et 1901 dans le département d’Ille-et- Vilaine perdront 42 000 hommes. 43 enfants de Bourgbarré sont morts sur les fronts. En souvenir de ces vies brisées, un monument aux Morts est érigé en 1920 au centre du cimetière. Au recensement de 1906, Bourgbarré compte 1 011 habitants. En 1921, 883.[…] C’est vers 1920 que Jean Fleury […] fonda la première section UNC (Union nationale des combattants). Son rôle était en priorité de venir en aide aux combattants de retour du front ainsi qu’aux veuves et orphelins. […] Le dernier combattant Bourgbarréen de la Grande guerre, Alfred Delourmel, est décédé en 1978, à l’âge de 80 ans. […]

En 1945, au retour des combattants de la seconde guerre, les soldats se sont fédérés et ont créé la section ACPG* de Bourgbarré. Son premier président fut Georges Parcouet de 1945 à 1983, puis Jean-Baptiste Derennes de 1983 à 1994. Depuis 1994, Alfred Samson en est le président. * Association des combattants prisonniers de guerre

Les citoyens de la paix

La section des Citoyens de la Paix, rattachée à l’association ACPG-CATM (Association des combattants prisonniers de guerre, combattants Algérie-Maroc- Tunisie) depuis 2010, compte 34 membres. Ils commémorent le 8 mai (armistice seconde guerre mondiale), le 11 novembre (armistice première guerre mondiale), le 16 octobre (anniversaire de l’inhumation du soldat inconnu, mort pour la France en Algérie en 1977) et le 5 décembre (fin de la guerre d’Algérie). Leur démarche est de perpétuer le souvenir de ceux qui ont donnés leur vie au service de la France et de transmettre le devoir de mémoire aux jeunes générations. Femmes, hommes, enfants, tous peuvent devenir citoyens de la Paix, tous ceux qui savent que paix et liberté sont des biens essentiels.
Alfred Samson ajoute : « L’objectif principal n’est pas d’augmenter les effectifs mais d’avoir dans quelques années un noyau de fidèles qui aura à coeur de perpétuer notre devoir de mémoire dans les diverses manifestations patriotiques, afin que les différents conflits du XXè siècle ne tombent pas dans l’oubli ou soient relatés d’une façon erronée. » L’association participe également à la vie locale de par leur contribution au Téléthon tous les ans. En 2018, à l’occasion du centenaire de l’Armistice, elle avait également organisée une exposition qui avait suscité un vif intérêt notamment auprès des scolaires..

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