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L'épicerie sociale, bien plus qu'une épicerie

L'épicerie sociale, bien plus qu'une épicerie

 

ÉPICERIE SOCIALE BIEN PLUS QU’UNE ÉPICERIE


L’épicerie sociale intercommunale de Saint-Erblon, à laquelle participe Bourgbarré, offre à ses bénéficiaires une aide alimentaire ponctuelle, mais aussi un soutien et de l’écoute, afin de surmonter des difficultés passagères. Reportage.

Le minibus tourne au ralenti près du local de l’épicerie sociale intercommunale de Saint-Erblon. Nous sommes le 25 janvier, il est 9 h. Comme tous les jeudis à la même heure, trois bénévoles finalisent les commandes à ramener de la banque  alimentaire qui se trouve à Pacé. Ces produits seront distribués aux bénéficiaires (ou clients) envoyés à l’épicerie par les assistantes sociales ou le centre communal d’action sociale de leur commune de résidence. Le trafic est encore très dense sur la rocade. Gérard Binois, conducteur occasionnel, déjoue la circulation pour arriver à 9h30 à la banque. Des bénévoles d’autres épiceries attendent leur tour. À droite sous le hangar, des présentoirs regorgent de fruits et de légumes. Tout au fond, de hautes étagères stockent des produits secs, des packs d’eau, des produits d’hygiène et de nettoyage, etc.
Les jours de distribution aux associations, le local est ouvert aux quatre vents. Il y fait aujourd’hui un peu frisquet et chacun est  bien emmitouflé. Un comité d’accueil nous y attend. « On a de la viande aujourd’hui, ce sont des côtes de porc. Est-ce que cela vous intéresse ? », lance un bénévole de la banque.

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ISSUS DE RAMASSES ET DE COLLECTES

Danielle Binois, responsable de l’épicerie ce matin, a noté ses besoins en alimentation sur une fiche. Sa collègue Françoise Gicquel, Bourgbarréenne vice-présidente de l’association emplit un cageot de pommes, de clémentines et de bananes. Elle prend aussi des concombres et des courgettes qu’elle complète avec de gros citrons. Danielle coche sa liste au fur et à mesure du remplissage. Les poissons surgelés (églefin, colin…), les yaourts, plaquettes de beurre et autres frais et surgelés sont déposés dans deux caisses isothermes. Il faut maintenant tout peser avant que Gérard et Jean-Claude Deniau ne chargent le minibus. Car tout ce qui provient de la banque est acheté au kilo par l’association.
Par contre, tous les produits secs proviennent de ramasses régulières faites auprès de commerces implantés à Corps- Nuds, Noyal-Châtillon, Orgères, Saint-Armel et Saint-Erblon. L’épicerie est également ravitaillée grâce à la collecte nationale qui se déroule le dernier week-end de novembre.
En 2016, l’association a distribué au total quelque 22 tonnes de denrées à 166 familles habitant les six communes (2,1 tonnes et 21 familles pour Bourgbarré).

DU TEMPS ADMINISTRATIF

Qu’on ne s’y trompe pas, l’épicerie sociale s’apparente à un commerce alimentaire lambda. « Les six membres du bureau coordonnent bénévoles et bénéficiaires, gèrent l’administratif et l’opérationnel de l’association. Ils se répartissent les tâches selon leurs aspirations et compétences », explique le président Dominique Béhuré. Un récapitulatif administratif (nombre de bénéficiaires et de passages mensuels…) est réalisé chaque mois et envoyé aux CCAS et CDAS.
Chaque mois également, on comptabilise les produits alimentaires européens offerts aux bénéficiaires. Un autre inventaire, trimestriel, répertorie le stock de l’épicerie et des réserves. « On est soumis aux règles de la Banque alimentaire, aux réglementations et directives nationales et européennes. Chaque année, les membres du bureau, outre leurs temps de présence lors des distributions, fournissent plus de 2 000 heures pour le bon fonctionnement de l’association », souligne Dominique.

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A la banque alimentaire de Pacé

SE RENDRE UTILE AUX AUTRES

De retour au local de Saint-Erblon, le minibus est vidé, les produits frais sont rangés. Un carton s’est renversé en cours de route, bilan : deux oeufs sont cassés… L’accueil des bénéficiaires débute à 13h30. Ghislaine Ribault, trésorière de l’association et responsable de l’après-midi, les y attend, assise derrière une table. Chacun s’approche, décline son identité puis patiente sur un siège avant de se rendre à l’épicerie dans une pièce voisine. Ghislaine vérifie au passage que la personne a bien toujours des droits en cours. Une file d’attente se forme, les enfants s’amusent tandis que des parents échangent. Une odeur de café inonde la pièce. « J’étais anciennement comptable et, à la retraite, j’ai voulu me rendre utile. Les bénévoles ont un rôle social à jouer, il faut aller vers les gens, parfois négocier… », explique Ghislaine. Des chaussures d’enfants, des vêtements, du matériel de puériculture sont également à la disposition des bénéficiaires. Une maman repart avec une nacelle de landau pour seulement 2,35 euros ! « On demande aux gens de nous verser ce qu’ils veulent, même si c’est symbolique », poursuit Ghislaine.

CHACUN RÈGLE SES ACHATS

Deux postes sont affectés à la distribution. Des denrées fraîches et de l’épicerie sont exposés sur des étagères et des présentoirs. Des frigos ronronnent. Un couple avec un enfant se présente devant Françoise qui liste et coche les produits auxquels ils peuvent prétendre. Sa collègue vole d’étagères en étagères pour remplir les cabas et les sacs isothermes. Yann, homme seul*, se présente : « Voulez-vous des légumes ? Il y en a aujourd’hui, mais on ne peut jamais prévoir d’une semaine sur l’autre, prévient Françoise. Etes-vous aussi intéressé par un savon ? des rasoirs ? » Yann prend ou ne prend pas. « C’est idiot, j’ai oublié mes 3 euros », s’excuse-t-il. « Vous payerez la semaine prochaine ! », lui répond Françoise. Chaque  bénéficiaire dispose en effet d’une somme forfaitaire pour régler ses achats. C’est par exemple 3 euros pour une personne seule et 3,5 euros pour un couple. « Tout ce qui n’est pas frais provient de la collecte. On a généralement de quoi tenir jusqu’au mois d’avril. Après, nous devrons acheter à la Banque alimentaire », observe Françoise.
 

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PRÉPARER LA SEMAINE PROCHAINE

Il est bientôt 18 heures. La journée s’achève et tous les bénévoles présents lors de la distribution préparent les locaux pour la semaine suivante. Il faut notamment enregistrer et classer les fiches des bénéficiaires, contrôler le montant de la caisse informatique, réapprovisionner le magasin en produits non périssables. Cette opération oblige à gérer les dates de limites de consommation et les dates de durabilité minimale. Il faut également séparer les produits européens des autres produits, vérifier les dates de péremption des produits frais restant dans les frigos... Mais aussi nettoyer ces derniers, vider les  poubelles, ranger les salles d’accueil et de distribution, balayer et laver les sols…

* Prénom d’emprunt
 

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